Plantez des fruitiers

Le mangoustan et l’acérola



L’un est originaire d’Asie, l’autre d’Amérique latine et tous deux donnent des fruits aux propriétés médicinales reconnues. Et si ces deux essences ont une croissance lente, le mangoustan, est un arbre pouvant s’imposer par sa hauteur, tandis que l’acérola ne dépasse pas le stade de l’arbuste.

Fruit sucré et acide, au goût subtil entre fraise et raisin, le mangoustan est une source extraordinaire d’antioxydants naturels. Il est considéré comme "la reine" des fruits en Asie, le roi étant le durian. Petite baie sucrée, elle aussi au goût acidulé, l’acérola constitue, quant à elle, un concentré de vitamine C et en éléments renforçant le système immunitaire. Voici donc deux petits fruits qu’il est précieux d’avoir chez soi.

Le mangoustan : climat chaud et humide Originaire d’Asie tropicale et notamment de Malaisie, Garcinia mangostana est désormais assez répandu dans le monde tropical. Il lui faut en effet un climat de type équatorial, chaud et humide, et des sols riches et bien drainés pour s’épanouir et atteindre jusqu’à 10 à 15 mètres de hauteur. C’est plutôt donc à l’intérieur des terres, en Martinique, qu’il s’adaptera le mieux, loin de l’air desséchant des bords de mer. Il lui faut tout de même une période assez couret (trois mois environ) de sécheresse pour fructifier.

Un arbre pour nos enfants Le mangoustan peut atteindre de belles hauteurs, si les conditions sont réunies. Avec son port légèrement pyramidal, un tronc droit recouvert d’une écorce renfermant une grande quantité de latex jaune et gommeux, il est doté d’un feuillage persistant aux feuilles d’une dizaine de centimètres (jusqu’à 25 cm) de long et larges de 5 cm, d’un vert-brillant sur la face supérieure et d’un vert-jaune mat sur la face inférieure, aux nervures vert pâle. Mais voilà, la croissance du mangoustan est lente (trente centimètres en trois ans) et il faut attendre une dizaine d’années, voire plus, pour qu’il produise ses premiers fruits. Patience donc…

Une multiplication par semis Ni le bouturage, ni le marcottage ne fonctionnent : il faut semer les graines dès que celles-ci sont séparées du fruit. Faites-les germer dans du coton humide, puis plantez-les dans un pot rempli d’un substrat léger (mais retenant l’eau) et riche en matière organique. Température optimale : entre 25 et 30°C. Le jeune arbre n’aimant pas le plein soleil, associez-le à une autre culture qui lui fasse ombrage pendant 2 à 3 ans avant d’être planté.

De la fleur au fruit Chaque année, des fleurs de couleur jaune vert et rouge, d’environ cinq centimètres, apparaissent à l’extrémité des rameaux de l’année précédente. C’est là que se développe le fruit, rond, légèrement aplati à chaque extrémité, surmonté d’une collerette verte en quatre parties, et recouvert d’une écorce (péricarpe) épaisse, dure, lisse, de couleur vert-pâle à jaune virant au pourpre à maturité et contenant beaucoup de tanins. Une fois le péricarpe fendu (sous la pression des doigt ou à l’aide d’un couteau), apparaissent six à huit quartiers blancs, à la chair fondante, se détachant comme ceux d’une mandarine et porteurs d’au moins une graine. Ce fruit se déguste lorsque la peau, légèrement pressée, est un peu molle.

Des vertus de "longue vie" Riche en vitamine C, en glucide, en calcium, magnésium et potassium, le mangoustan est surtout réputé pour la quantité d’antioxydants qu’il contient au niveau de son péricarpe. Des chercheurs y ont trouvé plus de 40 xanthones (antioxydants très puissants). Raison pour laquelle, il n’y a plus que la chair qui soit consommée, mais aussi le jus extrait de l’ensemble du fruit dont le péricarpe.

L’acérola : un concentré de vitalité Tout le monde connaît la cerise-pays, dite aussi cerise de la Barbade, ou cerise des Antilles. Malpighia emarginata serait, pour certains, originaire du Yucatan (Mexique) où il était cultivé par les Indiens et aurait ensuite disséminé en Amérique centrale avant de se répandre en Amérique du sud et aux Antilles. Pour d’autres, il prendrait racine tout simplement dans cette zone tropicale allant des Antilles, à l’Amérique centrale et au nord de l’Amérique du Sud (notamment la région amazonienne). Il a, assez récemment, été introduit en Amérique du sud, en Asie (Taïwan pour ses propriétés ornementales et Japon pour ses vertus thérapeutiques) et en Inde.

Un arbuste décoratif Il atteint rarement la taille d’un arbre même petit, mais se présente plutôt comme un arbuste touffu, ne dépassant guère deux ou trois mètres de haut (rarement jusqu’à six mètres). Sa croissance est lente et son tronc tortueux, à l’écorce grisâtre et rugueuse, tandis que son bois blanc est léger. Vert tout au long de l’année, grâce à un feuillage persistant composé de feuilles ovales de deux à sept centimètres de long, légèrement elliptiques, à l’extrémité pointue, disposées deux à deux et opposées. Dépourvues de poils (glabres) à l’âge adulte, les feuilles encore jeunes sont plus ou moins recouvertes de petits poils fins.

Tout comme une cerise Tout au long de l’année, le cerisier-pays se couvre de petites fleurs blanches à rose vif, à bords dentés, groupées à la base des feuilles. Après trois à quatre semaines de floraison, de petits fruits d’un rouge écarlate, globuleux, un peu déprimés et renfermant un noyau à trois loges et trois graines, apparaissent. Le petit fruit (1 à 2 cm de diamètre) est charnu et recouvert d’une peau fine, lisse et luisante tout comme la cerise des pays tempérés, ce qui incita les Conquistadores à lui donner son nom de cerise-pays. Il passe du vert, au jaune orangé, puis au rouge lorsqu’il est mûr. La chair est juteuse, à la saveur agréable et acidulée, dont la douceur et l’acidité varient selon le cultivar.

Facile à cultiver Plante rustique, peu exigeante, le cerisier-pays se contente de sols pauvres, même secs et peut être planté en plein soleil ou en mi-ombre. Il redoute par contre les sols inondables. Il peut se multiplier par semis ou par greffage, et, plus facilement par bouturage. Le cerisier des Antilles fait l’objet de cultures au Brésil qui en est aujourd’hui le plus gros producteur, consommateur et exportateur.

Un cocktail de santé L’acérola serait la plus importante source naturelle (la mieux assimilée par le corps) de vitamine C. Ainsi une cerise-pays de 4,5 g délivre autant de vitamine C qu’une livre d’oranges ou qu’un kilo de citrons. Elle contient en outre des concentrations élevées de phosphore, calcium, vitamines du groupe B, ainsi que des flavonoïdes et anthocyanines aux propriétés antioxydantes, des carotenoïdes, des fibres, des protéines et des sels minéraux : c’est un concentré de santé.


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