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Utilisez des teintures naturelles



Les couleurs de certains de vos habits ont passé, celles du rideau sont défraichies, vous souhaitez modifier la teinte de vos coussins, bref, vous pensez teinture, mais non synthétique, donc essentiellement naturelle. C’est possible. Les teintures végétales, voire minérales sont suffisamment nombreuses pour que vous trouviez votre bonheur : curcuma, café, thé, pelures d’oignons, betterave, indigo, chlorophylle, chou rouge… la palette est large et diversifiée.

Pourquoi acheter des vêtements en textile biologique (coton, lin, chanvre, etc.) et utiliser une teinture synthétique, qui s’avère très polluante. Cela ne rime pas. Il est tout-à-fait possible de teindre des tissus avec des colorants naturels issus des plantes.

Choisir de moins polluer
Les teintures utilisées industriellement, sont hautement polluantes et l’industrie textile en utilise beaucoup, notamment à cause de leur stabilité chimique, de la facilité de leur synthèse et leur variété de couleurs. Si l’on ajoute les colorants utilisés dans les imprimeries, les produits alimentaires, cosmétiques et cliniques, la production mondiale de colorants dépasserait les huit cent mille tonnes par an, et une bonne partie se retrouve dans les eaux… La teinture constitue donc une étape critique. Si les colorants avec métaux lourds et le formaldéhyde sont interdits en Europe, il n’y a souvent pas ou peu de contrôles sur les produits importés, alors que ces produits contaminent les vêtements en résidus toxiques, polluent l’air, les sols, et les eaux à la sortie des usines.

PIGMENTS ET COLORANTS Ces deux substances modifient la couleur du milieu dans lequel elles sont introduites. Et c’est le but recherché. Mais alors que le colorant est soluble dans l’eau, le pigment se présente sous la forme d’une poudre insoluble qu’il est nécessaire de maintenir dans un liant (comme de l’huile) pour qu’il n’y ait pas décantation. Ce sont donc plutôt des colorants qui seront utilisés pour la teinture de textiles.

DIVERSITÉ DES COULEURS
Les colorants d’origine végétale sont les plus nombreux. Organiques, ils sont extraits à partir de feuilles, de racines ou d’écorces de plantes dites tinctoriales. Leurs caractéristiques tiennent à certains composés qu’elles contiennent : flavonoïdes, indigoïdes, caroténoïdes, tanins, bétanidines, chlorophylles, naphto-, benzoet anthraquinones, etc. C’est ainsi que l’on obtient du : • jaune-orangé à partir des stigmates de fleurs du safran (très cher) • jaune d’or à partir des rhizomes du curcuma • jaune à partir des feuilles de persil • orangé à partir de feuilles d’eucalyptus • rouge violacé à partir de la betterave • rouge vif à partir de la racine de la garance • rose à partir des fleurs d’hibiscus • vert à partir de la chlorophylle • vert tendre à partir de la coque de l’amande • du noir à partir de la campêche (couleur peu solide) • du bleu-violet à partir du chou rouge • sans oublier des teintes rouge, orange, jaune rose, à partir des caroténoïdes, de la camomille, du henné, des oignons (pelures), du thé de Chine aux feuilles fermentées (rose, beige, caramel clair) nIl existe quelques pigments (donc insoluble) d’origine végétale donnant de belles couleurs : • le bleu indigo (à partir des feuilles et des tiges de l’indigotier) • le bleu pastel (à partir de la guède) • le noir de carbone (à partir de la carbonisation de végétaux).

POUR OBTENIR LA COULEUR
Il est nécessaire de procéder à une décoction pour extraire le principe colorant d’une plante. On l’utilise pour toutes les racines et les écorces d’une manière générale, mais aussi pour les plantes entières. La température de décoction peut avoir une incidence sur la couleur obtenue. Ainsi les pigments bruns de la garance se solubilisent au-dessus de 65-70°C (ce qui donne une couleur davantage rouge brique. Mieux vaut ne pas atteindre le point d’ébullition et de rester autour de 80°C. n Coloration au curcuma La racine de curcuma (un rhizome) ont une couleur jaune-orange soutenue qui a de tous temps été utilisée pour teindre les tissus. Marco Polo évoque cette épice dans son livre des Merveilles pour son pouvoir colorant, proche du safran. Mais la couleur du curcuma tient mal. Un mordançage à l’alun est souhaitable. nColoration au rocou Les graines de rocou rouges permettent d’obtenir différentes nuances d’oranges et de rouges et ont été utilisées en peintures corporelles par les Amérindiens. Le rocou est encore aujourd’hui un colorant alimentaire très courant n Quant à la décoction (minimum quinze minutes d’ébullition), elle peut se faire soit avec la racine, soit avec du curcuma en poudre, la quantité de racine ou de poudre dépendant de l’intensité de la couleur désirée.

LA TECHNIQUE TINCTORIALE
Il ne suffit pas d’avoir de la teinture, encore faut-il suivre un processus précis qui passe, entre autre, par la préparation du tissu pour le préparer à recevoir et à conserver la couleur, ce que les professionnels appellent le mordançage des fibres. n Le mordançage, étape préalable à la teinture, permet à la couleur de se fixer sur le tissus, car toutes les teintures ne le peuvent pas seules. Certaines teintures végétales (dites substantives) ne nécessitent pas de mordançage pour tenir. C’est le cas de l’indigo et du pastel, du rocou, de la carthame, de la cochenille, du henné, des pelures d’oignons, des fleurs d’hibiscus et de toutes les teintures végétales tanniques (cachou, noix de galle, écorces). Le mordançage se fait généralement avec de l’alun (sulfate double d’aluminium et de potassium), dissout dans de l’eau bouillante (200 g d’alun pour 1 kg de laine, coton ou lin), et dans lequel est mis à bouillir le tissu (humidifié avant de le mettre dans le bain), en remuant, pendant une heure. Il peut se faire à froid, mais sur 24 à 48 heures. Il suffit ensuite d’égoutter le tissu afin de poursuivre avec la teinture proprement dite. À noter. L’alun n’est pas toxique à proprement parler, mais ne doit pas être avalé. Il se révèle irritant, en cas d’inhalation des fines particules.


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